Alimentation émotionnelle

Il m’a fallu du temps. Du temps pour comprendre ce rapport étrange que j’entretenais avec la nourriture. Ce besoin de manger pour distraire mon esprit, pour essayer de le duper. On dit souvent que c’est un « truc » de femme, que c’est hormonal. On le prends souvent à la légère, ou bien au contraire l’extrapole.

Mais finalement, je suis juste convaincu que ça nous fait peur. Peur de nous comprendre en creusant le vrai fond du problème. L’alimentation émotionnelle, qu’elle que soit sa forme, n’est que la conséquence de ce qu’il y a véritablement en nous.

Ces moments, où l’on se perds avec soi-même, sont de vrai spirale infernale, et l’optimisme ni a pas beaucoup de place. Et pourtant, je le suis, optimiste. C’est un peu comme tomber dans le même puits qu’Alice au pays des merveilles. On regarde, mais on n’y peu rien, on perd le contrôle. Des passages de ma vie, que je ne considère pas encore comme de l’histoire ancienne, mais j’ai creusé.

J’ai compris d’où venait ce besoin qui d’une certaine façon me rassurait, sur l’instant. La peur du manque, qui résume mon enfance. Le manque d’amour paternel, le manque d’une famille aimante et unis, le manque de mon enfance tout simplement…

Cette peur qui inconsciemment, dans les moments de doute, me poussait à combler un vide. Ce faux sentiment de sécurité, que tu as, toi-même, déjà peu être connu. Ce réconfort instantané apporté par le remplissage de ce vide en moi. Pas de faim, mais une pulsion incontrôlable, à en être malade. Le besoin de se remplir, de se « gaver » pour inhiber mes émotions, juste oublier.

Un besoin compulsif inconscient et destructeur. Un mal-être, une honte, une gêne, lorsque l’on en prend enfin conscience. C’est ce qui a rythmé ma vie pendant longtemps, et j’ai appris difficilement à l’apprivoiser cette « hyperphagie ». Quand j’ai compris que ce comportement n’était pas sain, j’ai commencé à tout contrôler, tout compter. J’avais le sentiment de l’avoir vaincu de cette façon. J’avais cette illusion d’enfin gérer mes sentiments. Mais tu sais, c’est comme apprendre à attraper une balle, tant qu’il n’y a en a qu’une, ça paraît simple. Il suffit que l’on t’en envoie une dizaine pour que sois vite dépasser. Eh bien, ce fut exactement ça, une séparation, trop d’émotions, le besoin de combler pour oublier.

Depuis, j’essaie de m’écouter émotionnellement, ce qui n’est pas évident pour une hypersensible. Il n’y a pas de recette miracle, il faut comprendre. Comprendre ce qui te pousse à avoir ce rapport ambigu à l’alimentation. Mettre le doigt sur la cause qui t’amène à cette seule solution. Une fois que tu y es, tu as déjà fait un grand pas, la suite, c’est de l’observation. Tu sais ce qui te fait perdre le contrôle, donc il faut tendre l’oreille, et anticiper pour éviter.

Avec tout mon amour rayonnant,

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